Philippe le Docte



Ses amis de toujours, ses matériaux essentiels sont l'arbre et le bois. Le bois, c'est pour lui une fidélité fondamentale: il en aime la légèreté, la flexibilité, la vie, le caractère indomptable mais aussi la dureté. Le bois lui offre toutes les possibilités y compris celle de se prêter à la teinture: "on ne le domine pas vraiment, il continue à bouger; il n'y a pas de main mise sur le matériau, il y a des surprises, dont les patines obtenues avec le vécu. Exposée à l'air, une sculpture non traitée s'oxyde. Même si on utilise un colorant, la fibre demeure apparente. J'aime travailler du bois fraîchement débité, humide" dont éventuellement il rehausse la texture avec des colorants naturels, par exemple du rocou.

Philippe Le Docte est absolument passionné par le bois parce que « c’est un matériau proche de l’homme : il naît et grandit puis meurt, il suit le même chemin que l’humain ». L’arbre, c’est aussi le passage pour lui entre la terre et le ciel. Parfois, le fer intervient dans les sculptures en bois de Philippe Le Docte : les deux matériaux conservent leurs individualités propres, ne s’interpénètrent pas. Le fer, le plus souvent, sert de support, de structure, de cadre mais demeure secondaire.

En tout état de cause, que Philippe Le Docte aille de la taille directe aux assemblages assez bruts de pièces parfois démontables, une double pensé l’anime : l’occupation de l’espace par un travail qui inclut l’homme comme référence première.

L’apparent déséquilibre qu’il crée est une interrogation pour l’être ; même lorsqu’il utilise la verticalité rassurante, il dédouble en paradoxe : ainsi il crée un tripode, trois triangles sur leurs pointes non sur leurs bases. De cette dualité naît une combinaison entre la force et la fragilité.